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 Eve ||Sad Garden|| {terminée}

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Eve

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Messages : 2
Date d'inscription : 27/05/2011
Age : 25

MessageSujet: Eve ||Sad Garden|| {terminée}   Ven 27 Mai - 22:11

Eve


Sleepy beauty




I- Le personnage

♦️ Nom : Aucun. Je l'ai oublié.
♦️ Prénom : Eve. L'on me surnomme le Jormungander.
♦️ Âge : J'apparais avoir une vingtaine années, mais je suis dans l'Abysse depuis la création de sa Volonté.
♦️ Sexe : Féminin.
♦️ Quel groupe voulez-vous rejoindre ? Chain, si possible.
♦️ Autres : J'ai peur des hommes. Je n'aime pas les humains, ils m'effraient. Je ne veux pas les frôler, ni les côtoyer, ni leur parler.
Je garde toujours avec moi une boîte à musique en argent, finement sculptée mais usée.
♦️ Quels sont vos pouvoirs ?
Je suis le Jormungander de la mythologie, en quelque sorte. Dans le monde des chains, je me présente sous la forme d'une jeune fille en larmes, un trou béant dans le ventre, possédant une chevelure de cristal et un corps recouvert de métal, d'acier se terminant par deux ailes translucides, tout mon être à l'air d'avoir disparu pour laisser place à celui d'une poupée désarticulée...Il s'agit de ma forme à demi-libérée, celle que j'utilise le plus souvent pour survivre dans le monde des abysses et dans laquelle je suis scellée jusqu'à la possible venue d'un contractant.
Ma vraie forme porte bien son nom de Jormungander. Je suis un reptile de grande envergure, à la peau sombre et à la laideur tenant du cauchemar. Mon regard devient rouge sang, mes dents acérées et je me déplace avec rapidité pour dévorer et cracher des flammes, je contrôle aussi l'eau, dans son état liquide seulement. Banal, unh ? Le Jormungander de la mythologie grecque tient son nom de son port de tête, de sa taille, de sa capacité à combattre et surtout de la façon de l'utiliser ; il faut réciter une partie du poème du Jormungander afin de voir l'apparence des plus laides du reptile.
S'il s'avère qu'un jour j'obtiens un contractant, je prendrais alors dans son monde, la forme d'un serpent long et fin de couleur blanche et aux yeux rouges, m'enroulant sur un bras, ou me posant sur les épaules, crachant du venin paralysant momentanément une personne. J'utilise ce corps principalement pour récupérer mon énergie ou pour espionner.
L'on pourrait me battre sans trop de difficultés, étant donné qu'à part ma force et mon physique, je n'ai pas de bouclier ou de véritable spécialité sauf l'eau et le feu, mais j'incite à la peur par ma grandeur. Cette masse corporelle des plus lourdes et ces écailles très rigides font qu'il faut une quantité d'énergie importante pour m'infliger des blessures graves au point de me tuer.

Partie du poème à réciter, venue du poème Jabberwock mais modifié :

Spoiler:
 

Forme non-libérée :

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Forme libérée :

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Forme semi-libérée :

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♦️ Description Physique :

Nous sommes faits de la même matière que les rêves.




Je ne vous vois pas. Approchez-vous. Oui, encore. C’est mieux. Qui êtes-vous ? Moi ? Je suis Eve, l’on m’a nommé ainsi. Pourquoi ? Parce que…Parce que. Mais quel est votre nom ? Miroir ? C’est joli. Que faites-vous dans un endroit pareil ? Chercher la vérité, hum, étrange quête, comment vous y prenez-vous ? En reflétant ce que tu es, mon enfant, en te montrant cette horreur nue, immobile dans la froideur et la solitude. Dis-moi, Eve, comment sont les portes de ton jardin ?

Respiration lente. Inspire. Expire. Inspire. Expire. Perds ton souffle. Regardes-toi. Accélère ton pouls. Hurle. Quelle horreur se présente à toi…Et si je dis qu’il s’agit de ton reflet, Eve ? Me croiras-tu si je te dis que ce corps aux veines azurées, au visage blafard, à la maigreur insoutenable est ton corps ? Oui, pleure. Cela vaut mieux pour toi. De toute façon, personne ne te voit pleurer, tout le monde croit que tu es morte, dans ce tube exigu. Froid, si froid…

Les bras croisés sur ta poitrine à demi-disparue, droite comme un I, nue comme un vers, les yeux fermés sur tes iris à la couleur majestueuse. C’est toi. Oui. Là, avec ce tatouage d'un pourpre envoûtant sur tes lèvres creusées, ces fils et autres tubes s’ancrant dans ta peau et ton crâne, il s’agit des portes usées et grisées de ton jardin.

Tes cheveux. Si beaux, sous le soleil azuré, en plein été, comment peuvent-ils devenir aussi ternes et longs ? Ils ondulent, dans cette eau glacée, te faisant passer pour ce fantôme disparu. On ne reconnaît plus ces couleurs multicolores, la toile même d'un arc-en-ciel. Oui, ils étaient de toutes les couleurs, semblant or et argent sous cet astre luminescent, sang et glace dans les bras de la Dame lunaire. On aurait dit un ange, tu n’es plus qu’un cadavre.

Maigre. Si maigre dans ton cercueil de silence. J’ai du mal à croire que tu peux vivre, malgré ta peau diaphane, ta façon de respirer, ton ventre si creux, tes jambes frêles. L’on a l’impression qu’il s’agit d’une vieille poupée de porcelaine, à demi-cassé, empoussiérée, apeurée, solitaire et malaimée. Vieille dame. Tu n’as pas de rides, mais tu es comme. Car cette façon de dormir paisiblement, laissant tes cheveux dansés, prônant sans pudeur dans ta nudité aquatique, l’on dirait une centenaire dans son cercueil. Tu es belle, et si indésirable…J’ai du mal à croire que tes cheveux sont ta seule source de vie, ta beauté inassouvie, la couleur même te caractérisant.

Multicolores. Dans ton monde de glace, tes cheveux autour de toi se parent de brocards et d'argent, de sang et de verdure, de noirceur et d’innocence. Aux couleurs du ciel, aux couleurs des fleurs, aux couleurs de ton âme. Se sont-elles qui te tiennent en vie par leur danse, leur énergie et leur lumière. Sinon, l’on te croirait définitivement absente de ce monde. Tu serais certainement morte, à leurs yeux, ma tendre enfant, mon petit jardin sans couleurs.

Quelque chose nous attriste, nous ronge. Un cancer des plus pourrissants. Le mal même qui a élu domicile sur ton corps. Tes yeux fermés. Tes bras et tes jambes ? Disparues. Au profit d'eux, barres de fer, choses informes ressemblant à des pieds humains, bâtons métalliques se plantant dans ton corps, bandeaux de fer reliant ta taille à ces étranges appendices. L'on te dirait désarticulée, et sans eux, oui, sans ces choses horribles de métal, tu le serais. Ne plus pouvoir marché, ne plus pouvoir tenir quelque chose, ne même plus pouvoir courir...Laide, tu es laide. Et si, captivante.

Tes yeux, oh, tes iris argentés, plongeant dans un noir refoulé. Non, tu n'es pas aveugle, non, tu n'es pas morte. Mais cet argent, ce gris azuré, si beau dans ces yeux éplorés ! Tu parais ange. Tu parais songe. Tes joues creuses, ton grand front, tout ce visage subissant les assauts de la malnutrition, sans broncher, en silence. L’on soupire. Si calme dans ce tube de glace…Peut-être qu’un jour, tes mains frapperont contre le verre. Peut-être qu’un jour, tes yeux à la couleur insatiable me supplieront de te délivrer ?

L’on s’éloigne de ce corps fébrile, de cette âme voyageuse. L’on sort de cette salle si froide et silencieuse. On laisse cet être enchaîné, pétrifié, emprisonné dans cette colonne d’eau. Solitaire, mélancolique, froide. La porte se referme sur le cobaye torturé, avec comme dernier son retentissant comme le glas d’une mort proche à nos oreilles, la forte respiration d’une enfant sans nom. Le rêve se brise. Ton histoire se termine. Tout un monde dans le miroir de ton âme.

Inspire. Expire. Inspire. Expire…


♦️ Description Psychologique :

Le cri de ma détresse résonne dans un triste vide que personne n'entend...




Si je devais te décrire, Eve, que dirais-je ? Je ne sais plus comment te voir, ni même te comprendre, tu es si imprévisible et si…triste ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Non, plus…On te fixe, on t’observe sans pour autant percer ce voile flou qui t’entoure et te pourrit. On te dirait creuse, on te dirait malheureuse et même sans vie…Mystérieuse peut-être ? Mais qu’y aurait-il à découvrir sous ton semblant de visage ?

Tu attires, sans le savoir, tu sembles amener les gens à te parler, à se rapprocher de ton étrange nature, de tes yeux à la couleur insatiable et absente. Oui, cette inexistence chronique t’entourant, ce…Néant ? Oui, c’est cela. Un véritable chaos de silence torturé, fatigué, violent et souffrant. Ca ne se voit pas sur ton visage imperturbable, mais tes yeux crient à l’aide, ils hurlent si forts qu’on ne peut t’ignorer, Eve. Jamais…Jamais.

Je ne suis ce que je prétends être. Je me hais, Miroir. Tant et plus que je préfère ne plus rien ressentir, afin de ne pas tomber dans ce désespoir sans fond, ne quémandant que mon semblant d’âme. Eve, j’aimerais t’aider, tu sais ? Chacun le voudrait s’il voyait seulement le quart de ce que je reflète ; un cancer, un chagrin, une vie disparue. Tu es tout cela et rien. Une noirceur. Un cœur brisé. Quelques morceaux épars d’humanité. Qui peut prétendre te connaître ? Tu te caches à toi-même, à nous-mêmes…Eve, je ne veux plus voir ce petit air triste sur ton visage, ni mêmes ces larmes que tu verses à la tombée du soir, comme si l’espoir qui aurait pu t’animer venait de disparaitre, n’ayant jamais été exaucé. Je veux comprendre, Eve. Quelle est cette pensée que tu murmures ? Quel est ce vœu né d’un chaos innommable ? Quels sont ces remords que tu susurres ? Je veux savoir, Eve, découvrir ce cœur instable.

Larmes. Cris. Souffrance. Un monde dont tu ne veux t’échapper, expédition punitive d’une histoire devenue légende. Et tu serres dans tes mains blanchâtres le coffret des secrets. Et tu baisses ton visage éploré vers sa couverture argentée, pour entendre le son de la belle mélodie, celle d’une morte, celle d’une âme emprisonnée pour l’éternité, par ta faute…Ma…faute ?

Tu as peur, si peur. L’on ne sait comment te surprendre, ni même te comprendre. Je sais, je me répète, mais c’est si incroyable de ne pouvoir cerner une nature humaine. Mais à propos, es-tu humaine, Eve ? Tais-toi ! Va-t-en ! Laisses-moi dans mon rêve désespéré de pouvoir faire partie de l’humanité ! Tais-toi ! Silence ! Je veux encore songer à mon monde émerveillé…

Je veux t’aimer, Eve. Je veux pouvoir te sortir de cette boue informe qu’est le passé. Faire disparaître le poids des regrets et surtout, oui, surtout cette peur maladive des hommes. Tu es effrayée, Eve, apeurée par les individus auxquels tu voudrais tant ressembler. Liberté, agonie, beauté, souffrance. Mon serpent de silence, je t’en prie, ne te laisses plus happer par ton incessante rêverie…Par pitié.

Je ne te reconnais pas, Eve. Tu attires la nature humaine à toi. Tu veux aimer mais tu t’en n’empêches. Les humains ne te comprendront jamais, tu sais ? C’est pour cela qu’ils te cherchent, c’est pour cela que tu as peur d’eux et de leur curiosité. Pourquoi t’éloigner des gens ? Pourquoi vouloir rester dans cette immensité noire qu’est l’Abysse ? Eve, fantôme des âges, restes avec nous, contre nous, en nous…Enlèves ce voile te rendant invisible et indiscernable aux yeux de tous. Prends la main des hommes, et respires, oui, respires cet air que tu tentes en vain de repousser, par volonté de te détester…Je veux te voir sourire, une dernière fois, avant de me briser.

Tu es là. Et en même temps, loin de nous. Tu es là. Mais tu ne peux te joindre à nous. Eve, si seulement tu voulais bien t’ouvrir, si seulement tu pouvais comprendre à quel point le fait de rester dans notre réalité ne t’apportera pas tant de souffrances que cela…Hurlement déchirant. Pleurs insatiables. Destruction lancinante. Non, ne pleure plus ! Je t’en prie Eve, ne pleure plus ! Je ne peux pas observer ton visage couvert de larmes. Je ne veux pas te voir souffrir plus longtemps ! Par pitié Eve, arrêtes ça ! Je t’en prie, ne te tortures plus, ne te recroquevilles plus sur toi-même dans des soubresauts douloureux. Ne crie plus. Ne hurle plus. Je n’arrive plus à supporter cette vision, les échos déchirants de ta souffrance. Je t’en supplie, Eve, ne t’empoisonnes pas ainsi !


Aidez-moi…Par pitié, tuez-moi !


♦️ Histoire :

Rien n'est vrai, rien n'est faux ; tout est songe et mensonge, Illusion du coeur qu'un vain espoir prolonge. Nos seules vérités, hommes, sont nos douleurs.




11 juin 14h17
Ma jumelle et moi

"Aujourd’hui, l’on va pique niquer dans le jardin, ma sœur Eve et moi. Étrangement, je suis un peu tendue ; il s’agit de notre première rencontre. Je me pose encore la question du pourquoi de nous avoir séparés afin de nous faire vivre dans des parties distinctes de la maison. L’on n’a jamais voulu me répondre, et comme je suis une enfant, je vais tenter de connaître le pourquoi du comment…
Dix ans déjà ! Je ne l’ai pas vu depuis dix ans et aujourd’hui, il s’agit de notre anniversaire ! Papa et Maman sont revenus de leur voyage, fatigués mais heureux de me voir et de la voir Elle, je suppose. Quels sont les liens qui unissent mes parents à ma jumelle ? Sont-ils plus forts que les nôtres ? J’en aurais le cœur brisé. Pourtant, au fond de moi, je sais que Papa et Maman nous aiment autant l’une que l’autre. Ça me fait plaisir. Oui, ça me fait plaisir de voir qu’on va enfin former une famille.
A leur retour, profitant de la fatigue les assaillant, j’ai voulu négocier mon séjour dans la maison. Depuis ma naissance, l’on m’a interdit de sortir, de me montrer aux invités. J’ai demandé pourquoi, mais les domestiques m’ont juste fixé d’un air gêné. J’ai eu peur d’avoir commis une bêtise…Cependant, j’ai risqué de poser la question à Papa, qui m’a rit au nez avant de me dire que j’étais un peu trop spéciale et fragile pour pouvoir me montrer au grand jour et qu’il fallait être patiente. Au moins, j’ai eu une réponse, même si elle ne me plaît guère…Ah ! Je dois y aller, Eve vient d’arriver prêt du pommier, comme elle paraît jolie de loin !
"

28 décembre 10h05
Spectacle de marionnettes

"Je suis désolée d’avoir si peu de temps à te consacrer, seulement, je m’amuse énormément avec ma sœur. Désormais, c’est elle, qui écoute mes pensées et mes chagrins. Tu sais, cher journal, je la croyais comme moi, fragile, aimable et enfantine. Elle se révélait tout le contraire ; plus mature que moi, rieuse et bagarreuse. C’est certes une sorte de garçon manqué, elle porte rarement de robe et se montre affectueuse qu’à certains moments. C’est un peu comme un chat sauvage, elle est trop mignonne ! Je l’adore tellement…
Papa et Maman vont nous emmener dehors. Oui, dehors ! Il n’a suffit que de deux ans pour les convaincre de nous laisser sortir. On va aller voir un spectacle de marionnettes, comme je suis heureuse ! Tu imagines, moi, dans la foule ?! C’est totalement fou ! Je suis si impatiente qu’on y aille…Bon, je dois porter une longue cape et un chapeau pour être discrète, cela m’intrigue mais le principal, c’est que je vais rire avec Eve comme les autres enfants ! Je te raconterai tout ce soir, promis je ne t’oublierai pas !
"

28 décembre 19h00
Mort

"Pas le temps. Poursuivis. Urgence. Alerte. Deux hommes. Forts. Glace. Feu. Maman morte. Bruits forts. J’ai peur. Eve enfuie ou cachée, je ne sais pas. Je suis blessée. Quelque chose dans le ventre, ça fait mal. Je vais mourir. Silence. Bruits de pas. J’ai peur ! Sang. Adrénaline. L’un à des cheveux verts, l’autre possède une cicatrice. Ils arrivent. Défonce la porte. Je ne veux pas mourir ! Non, je ne veux pas. Ils vont me…Noiiiiii…"

La boîte à musique se ferme, la musique s'en fût. Des larmes percent l'argent du petit coffret, emplies de tristesse et de sanglots. Tu ne connais pas son nom, ni même son visage, mais tu sais que son absence te fait souffrir. J'ai mal...Si mal. Perdre la mémoire, ne plus savoir la valeur d'un souvenir, c'est une punition affligeante que l'on te fait subir...Et le pire ? Tout ce qu'il te reste de cette sœur te chérissant tant, ce sont des sanglots et des cris de détresse perçant ton crâne de part en part. Eve, ma pauvre Eve...Tes doigts caressent le précieux trésor, les pages du vieux journal cachées avec précaution dans la boîte à musique. Que tu aimes cette mélodie ! Comme l'impression de te rapprocher de cette sœur inconnue devient de plus en plus présente...Mais ma chère Eve, ne te souviens-tu pas ? Elle est morte, morte...

___________________________

Alors il y aura un rire immense de désespoir quand les hommes verront ce vide, quand il faudra quitter la vie pour la mort — pour la mort qui mange, qui a faim toujours.




Chut. Tais-toi. Entendez-vous ? Oui, ce son là. Qu’est-ce ? Des larmes. D’où viennent-elles ? D’ici, de là, de ce monde, de cet espace, de ces étoiles, de cette noirceur, de ces cris et de ces pleurs inconnus vous allant droit au cœur. Il s’agit de ton univers, d’un air si étouffant et clair. Comment le décrire ? Il brise, il chante, il hurle douleur. Si beau, si touchant et si…mourant.

Des sons. Tant et tant de sons s’entrechoquant, se mêlant dans une cacophonie voluptueuse et paniquée, elle danse et rit, meurt et vit. Je n’ai jamais compris la nature de cet endroit, ni pourquoi il n’appartenait qu’à toi. Si loin dans l’Abysse immortelle…Si beau dans ce songe éveillé. La mer diluvienne, calme et mélancolique, dont les gouttes d’eau se fondent dans un ciel étoilé purement idyllique. Profond et vaste. Creux et terne. Nostalgie du soir. Note d’espoir. Des échos démesurés de cris, de sanglots et d’un souffle à jamais soupir, allant pour s’éteindre, restant malgré tout dans cette éternité repoussante de l’après-mort. L’on dirait qu’il va disparaître, ce gémissement, mais il reste là, s’enracinant en nous, empoignant férocement notre âme pour nous plonger dans ton amertume, ta conscience éteinte et ta tristesse infinie. Eve, je ne veux plus t’entendre pleurer…

Qui est là ? Que voulez-vous ? Que faites-vous ? Laissez-moi. Enfuyez-vous. Cela m’appartient, partez ! Je veux vivre ici, dans cette solitude lancinante, dans ce noir profond éclairé par milles étoiles. Je veux m’endormir ici, dans les chants éplorés de ce seul souvenir, dans cet océan de remords qui me hante. Vous ne comprenez pas, mais vous entendez. N’est-ce pas suffisant pour que vous partiez ? Rendez-moi ce délicat bruit cristallin, cette épopée grandiose que celle de ma douleur solitaire. Allez-vous en, vous dis-je ! Cette parcelle de prison n’est qu’à moi. Ma mer innommable, mon ciel étoilé…Ne me le volez pas. Ne brisez pas la mélodie de mon cœur. Tomber, oui, je veux tomber, encore et encore, pour ne plus me réveiller. Infinie beauté que la noirceur de ce monde, enracinée en moi, telle une fleur desséchée et pourtant, éternelle. Cœur qui bat. Larmes infinies. Douleur insatiable. Âme démunie.

Vous entrez dans ce monde. Le sol n’est plus, il ne reste que de l’eau. Mourir ? Ne plus respirer, ne plus vivre, être démuni de toute sortie. Mais regardez-bien : l’eau ondule, des gouttes tombent sur des flaques argentées, des étoiles scintillent dans l’immense voie lactée marine. Et vous respirez. Oui, étrange, n’est-ce pas ? La musique vous submerge, vous étouffe mais l’air est là. Nager ? Cela ne sert à rien. Il n’y pas de sol, vous survoler, vous marcher dans cet air aquatique, dans ces étoiles lointaines chantonnant leurs larmes gouttant peu à peu autour de vous. Tout est une noirceur éclaircie, une obscurité illuminée par l’agonie d’une vie. Avez-vous peur ? Que cherchez-vous ? Où êtes-vous ? Pas de mur. Pas de sol. Pas de ciel. Juste une mer d’étoiles, profonde et calme. C’est étrange, n’est-ce pas ? Ce n’est que le début du songe d’une mort bien lente.

Les nuages galopent sur l’étendue bleutée, s’amoncelant en un endroit défini, auquel vous vous rendez. Pourquoi votre corps est-il si lourd ? Pourquoi les larmes vous montent aux yeux ? Ça y est, l’endroit s’est emparé de vous. Les cris et les sanglots résonnent dans votre crâne comme un appel à l’aide démesuré, dans des échos de souffrance lancinante. Vous avez mal ? C’est normal, ici, il n’y a que le malheur d’un cœur brisé, d’un seul souvenir toujours et encore répété. Crie. Hurle. Pleure. Sanglote. Tout cela en continu, dans une même seconde lancinante et douloureuse. Et enfin, oui, enfin, la mélodie s’estompe.

Vos pas vous ont amené au centre de l’océan tumultueux. La chanson laisse place à un silence lourd d’angoisse et de regret. L’obscurité étoilée disparaît au profit d’un point lumineux au milieu de l’étendue d’un noir profond. Il s’accroît, au fur et à mesure que vous avancez. Vos pas ne résonnent pas, aucun bruit, juste un soupir qui a l’air de s’éteindre sans pour autant s’atténuer. Une forme se distingue dans la luminosité cristalline. Vous perdez le souffle.

« Que veux-tu ? »

L’écho est là. Qu’attendez-vous pour répondre ? Elle n’attend que ça, la belle éphémère, au regard si terne qu’on la croirait songe. Ce son vous étouffe, son regard vous transperce dans une infinie tristesse et un calme extraordinaire. Mais il vous horrifie, le cœur de cette douce mer. A tel point que vous vous laissez emporter par sa mélancolie et sa souffrance. Son corps n’est qu’un amas de fer, des bras et des jambes rouillés grinçant et clinquant dans l’immensité noire, laissant des échos bruyants sur les murs invisibles. Un trou béant dans le ventre, un sang qui ne coule pas et des larmes qui ne cessent de jaillir de ses yeux gris. Ses cheveux flottent autour de son corps recroquevillé sur lui-même. Voilà, la source de la lumière. Multicolore et dure. Grise et oscillante. Avez-vous peur ?

« Êtes-vous le Jormungander ? »

« Peut-être. »

« Je ne vous imaginais pas comme ça. »

« Ah. »

« Pourquoi pleurez-vous ? »

« Je ne sais pas. Que veux-tu ? »

Vous y êtes. Ca y est. Il est là. Elle est là, vous fixant d’un air absent, sans vie mais présente. Le but est atteint. Si faible dans sa prison étoilée…Si difficile à toucher…Vous posez une main tremblante sur son épaule, puis chuchoter d’une voix qui se veut bienveillante :

« Je veux obtenir ta force, Chain. En échange, je te promets que tu ne souffriras plus, que tu seras en sécurité près des Baskerville. »

Tout bascule. L’eau vous infiltre. Des mains froides et métalliques attrapent votre cou. Une mélodie dure et criarde tambourine à vos oreilles, le bleu d’une mer calme devient le pourpre d’un océan sanglant et tourbillonnant, tandis que ce visage maladif vient à votre rencontre, bouche crispée, larmes éperdues, laideur s’affichant sous vos yeux affolés. Une voix rauque et sifflante, sanglotante et douloureuse résonne comme le glas d’une mort certaine, détruisant votre pauvre cœur, le privant d’humanité…

« Comment ? Dis-moi comment ?! Comment vas-tu me rendre ce qui m’appartient ? Comment pourras-tu arrêter ma douleur infinie ?! Je suis morte mais je vis malgré moi. J’entends ses cris et ses sanglots innommables, me brisant pour l’éternité. Les remords me tenaillent et me détruisent. Je meurs, je souffre et je vieillis. Je ne peux plus m’échapper, plus vivre, ni savourer ce que l’on m’a donné. La solitude est là. La peur aussi. Rien qu’un univers de douleur punitive. Comprends-tu, au moins ?! Mourir sans mourir, sais-tu de quoi il s’agit ? Non ! Non car toi, tu vis. Toi, tu es homme. Toi, tu t’émerveilles et espères. Un gouffre immense nous sépare, et tu prétends pouvoir détruire ma souffrance ? Dis-moi comment tu vas faire ! Dis-moi quel est ton miracle ! Je t’en prie, dis-le-moi ! Dis-le-moi ! »

Le silence. La mort. Le corps reste immobile dans l’eau bleutée. Ses mains rouillées lâchent le cou marqué alors qu’il dérive au loin. Les sanglots reprennent. Cris. Hurlements déchirants recomposant la mélodie de cette délicate nuit. Ses larmes coulent à flots alors qu’elle se recroqueville sur elle-même, chantonnant la musique de la petite boîte argentée, tremblante, écumante et éplorée. Ta voix résonne, pleine d’amertume, de douleur, criarde et brisée. Sœur ! Sœur ! Haaa…Silence.


___________________________



II- Vous

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Commentaire :Pour les pouvoirs des chains, faudrait mettre un petit truc, non ?
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Eve

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MessageSujet: Re: Eve ||Sad Garden|| {terminée}   Sam 28 Mai - 22:10

Well done ! J'ai terminé ma fiche Wink
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Alice B-Rabbit
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MessageSujet: Re: Eve ||Sad Garden|| {terminée}   Mer 8 Juin - 17:27

Excuse moi du retard ><
Bienvenue !
J'adore ta fiche elle est super, bon rp Wink

_________________________________________________________________________________

Retrouvons les souvenirs perdus ...
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MessageSujet: Re: Eve ||Sad Garden|| {terminée}   

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Eve ||Sad Garden|| {terminée}
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